Né à Nîmes en 1787, dans une famille de la bourgeoisie protestante, François Guizot est
une personnalité hors du commun. Historien moderne, il s'est intéressé au développement
et aux transformations de la société dont il fut victime en 1848. Plusieurs fois ministre sous la
monarchie de Juillet, on lui doit, en particulier, la loi sur l'instruction primaire (1833), ainsi
que de nombreuses mesures visant à conserver et restaurer le patrimoine national dans ses
diverses composantes. Académicien local et national, il s'est essayé à différents genres et ses
interventions, sous la Coupole ou à la Chambre, révélaient ses qualités d'orateur, l'étendue
de sa pensée et l'énergie d'un lutteur à l'âme chevillée au corps. Que reste-t-il de l'oeuvre d'un
personnage victime de l'usure du temps après l'avoir été de celle du pouvoir ? Quel regard de
récents travaux permettent-ils de porter sur un des grands esprits du XIXe siècle très souvent
caricaturé ? Comment expliquer son échec politique et le relatif oubli dans lequel il est tombé ?