Espace expérimental
Petites Offrandes Particulières
En donnant à lire au monde ses Petites Offrandes Particulières, l'auteure tente d'exorciser ce qui la terrorise : l'aspect irrévocable de la succession du jour et de la nuit qui viennent, l'une chasser l'autre, l'autre chasser l'une, et ce, sans aucune autre alternative. C'est avec cette peur panique de l'instant perdu, jamais passé, jamais à venir, qu'ont été écrites ces quelques pages. Une frayeur tout en nuances qu'il faudra dépasser pour aller au-delà des apparences.
En effet, il s'agit bien d'apparences au cours de ce poème aux trois dédicataires. Ici et là, l'image, le vu, interprétés dans leur relation au monde, leur rapport aux autres, sont déclinés pour former l'arabesque poétique.
Écrites en quelques jours, dans la chaleur étouffante d'un été, ces Offrandes ont d'ailleurs pour but de figer le temps, de rendre hommage à ce qui le fait passer plus vite, plus lentement, plus intensément. L'alambic dans lequel ont coulé la rosée du matin, l'enchantement pourpre du soir, les tendres serments et les promesses futiles, sert de socle pour ériger le poème, bercé des chants de la Nature.
À picorer comme des haïkus occidentaux, certaines pages respectent une forme bien définie de trois vers succincts, contemplation, émerveillement, adoration ; d'autres écrits, en forme de colonnes, arriment le lecteur à la proue du navire dans lequel il va voyager jusqu'à des compositions plus littéraires, cédant volontiers au lyrisme alangui, et comme coulant de source.
N'ayez plus peur : les mots sont là qui viennent tout résoudre. Laissez-vous porter « sur les ailes de [leur] musique »...