Le processus de sécularisation, qui touche les sociétés occidentales
et spécialement la nôtre et qui est vu négativement dans
certains milieux chrétiens, a interpellé ces prêtres ouvriers qui, eux,
y voient une chance.
Les réflexions du théologien Joseph Moingt et du philosophe
Marcel Gauchet sur «le christianisme comme religion de la sortie
de religion» les ont beaucoup marqués.
Ils décrivent la religion de leur enfance (hélas encore parfois
actuelle) comme une religion englobante détentrice du «salut»
avec ses interdits et ses accommodements...
La vie quotidienne avec des travailleuses et des travailleurs qui,
très majoritairement, ne partagent pas la foi chrétienne les a
bousculés. Les luttes syndicales pour plus de justice et pour
changer une société devenue si inégalitaire ont remis en cause bien
de leurs façons de voir et aussi de croire. Ils essaient de décrire ces
changements importants ainsi que leurs évolutions dans la façon de
lire la Bible, de l'appréhender, et d'en comprendre le message pour
aujourd'hui. Ils expérimentent que la foi chrétienne dépasse la
religion qui la porte ; les premiers chrétiens ont dû dépasser leurs
religions, juive ou païenne, pour témoigner du message universel
de Jésus, tel que l'a mis par écrit le «collectif Jésus» à la fin du
premier siècle.
Vivant dans un contexte de sortie de religion, leur conviction
est que les chrétiens, à leur place et parmi d'autres, sont invités à
être des acteurs de la réussite de l'humanité. Ils nous proposent de
saisir cette chance.