«- J'habite tout près de chez vous. Et c'est la seule raison
pour que je vienne vous voir, me dit-elle, avant même de s'asseoir
en face de moi.
Déjà agressive au premier abord. Je me blinde et l'invite
doucement à s'installer.»
C'est le début de la rencontre entre une psychothérapeute et sa
patiente, Sandra.
Ici, c'est l'analyste qui raconte. Par le «plaisir d'écrire» et de
s'éloigner de la pure démarche professionnelle en écrivant, elle
s'attache à recomposer, dans ses lignes essentielles, le parcours
d'une vie, celle de sa patiente, qui peu à peu l'intrigue et la fascine
par ce qu'elle a en elle de douloureusement névrotique, tout en
restant d'une étonnante lucidité. Aussi, dans l'alternance
permanente du présent au passé, elle dessine le portrait attachant
de cette Sandra qui devient un véritable personnage de roman. La
toile de fond est d'abord l'Italie, du fascisme à la guerre, de l'après-guerre
aux grandes modifications dans sa société et dans ses
moeurs ; ensuite Paris, au cours des années 80.
C'est toujours l'analyste qui suit pas à pas l'enquête passionnée
et passionnante de Sandra à la recherche de son désir. Un désir qui
se cache dans les plis et les replis de son histoire personnelle, trop
souvent entravé et contredit. Mais essentiel et irrépressible,
puisque «la vie n'a pas de sens» - comme le dit Chaplin dans
Les feux de la rampe - «elle n'est que désir»...