Voici le récit d'une vieille dame arménienne qui raconte
sa vie depuis le génocide, en 1915, auquel elle échappe
alors qu'elle n'est qu'une adolescente. Son exil, avec son
jeune frère et une tante, seuls rescapés de la famille, la
conduira en France. De Marseille, où elle débarque, elle se
retrouvera à Saint-Chamond, dans la Loire, puis à Vienne
où elle finira ses jours. Elle accorde une place importante au
«Kemp», le ghetto des années 20 qui disparaîtra au début
des années 60. Ses souvenirs du «Kemp» sont ambivalents
puisqu'ils mêlent des difficultés matérielles et morales
évidentes à une solidarité intra-communautaire très forte.
Anahide dit aussi son attachement à la France, en revenant
souvent à son goût pour le pain français qu'elle déguste
savoureusement en le décrivant avec des mots choisis.
C'est sa façon de dire son amour de la France qu'elle
vénère malgré la vie souvent difficile qui aura été la sienne.
Les dialogues qu'elle aura eus avec son petit-fils offrent
donc une mémoire qui veut ici établir un lien entre ceux des
Arméniens qui ont vécu le génocide et ceux des générations
qui apparaissent aujourd'hui.