«Je suis intelligent, beau, riche et assassin», ainsi
débute D'un solstice à l'autre, roman polyphonique,
confession d'un criminel, de ses victimes et des témoins.
A l'aube de notre siècle, un assassin sans visage et
sans nom, narcissique, obsédé par la beauté et le temps
révolu parcourt l'Europe. En quête de visions du passé
et d'impressions esthétiques, il a mis le crime au service
de ses chimères. A la recherche d'une image toujours
fuyante de lui-même, il s'attaque à des victimes le
plus souvent fragiles et désemparées. Les voix de tous,
échos de nombreuses souffrances, se relaient, se mêlant
parfois.
Désabusé, conscient que son entreprise n'est
qu'une gageure, que la partie engagée contre la mort
est perdue d'avance, il se résout à tuer la seule créature
qu'il ait jamais aimée. Par ce meurtre, il espère hâter sa
propre fin, s'avouant qu'avec le sang versé, il a voulu
également perdre le sien, arrêter le cours du temps,
inverser celui des astres.