Bangladesh
Lors de ses séjours au Bangladesh, l'auteur a vécu l'hospitalité de Celui qui n'a que son coeur à offrir au voyageur. Avant que le tourisme ne pâture cette beauté, Paul Kohler désire partager la richesse de ses rencontres.
« Encore maintenant, comme à son commencement, la vie semble jaillir du fleuve. Incandescente, elle révèle une virginité tout ancrée dans la genèse de l'Etre. Une innocence originelle, surgissant d'une indicible profondeur, ma visité au cours des multiples rencontres dans les déserts de sable ou dans l'écheveau des fleuves, sur le damier des rizières ou dans la jungle des collines. Elle s'est offerte dans le creux de la tendresse, sans nul besoin de tendre la main. Appelle-t-on cette harmonie, la beauté et cette incandescence, l'amour ? »
Séduit par les investisseurs en raison de l'habileté et de la presque gratuité de sa main-d'oeuvre, le Bangladesh est en perte de son âme. En ce monde étroit dont nous sommes riverains, ce pays subit - outre les inondations catastrophiques, l'envahissement des terres par la mer et l'empoisonnement par l'arsenic -, les ravages d'un capitalisme féroce où l'avidité des uns le dispute à la rapacité des autres, jetant les plus démunis dans l'enfer urbain. À défaut de cette prise de conscience, peu de décennies suffiront à anéantir son rapport à la nature et à le séparer de ses frères, transformant le vitrail des rizières en amas de briques et de béton.
Avant ce naufrage - est-il inscrit dans l'histoire ? -, l'auteur souhaite célébrer ce merveilleux peuple, berger des fleuves et amoureux de sa terre, avec force et avec foi.