Le monde de l'art est sans cesse assailli par des
questionnements sur la nullité de l'art actuel jugé
toujours plus mauvais que celui d'hier. Persuadé que
la messe n'a pas vraiment été dite, il était
nécessaire de s'interroger sur les postures artistiques
actuelles qui proposent conjointement une nouvelle
vision de l'art et du monde. Le projet est alors de ne
pas se contenter des opinions répandues sur la
prétendue fin des transgressions en art et d'explorer
les nouvelles propositions.
Dans ce contexte, une figure artistique inédite
semble émerger, celle d'un individu qui s'accommode
plutôt bien de l'ici et du maintenant pour se
débarrasser de sa responsabilité vis-à-vis du grand
récit. Fin du grand récit, fin des grands combats, fin
du grand soir que l'artiste actuel a habilement
troqué pour s'offrir une liberté nouvelle et une
action pragmatique qu'il peut dès lors évaluer en
termes de début et de fin, de réussite et d'échec,
avant de passer à autre chose. Ironiste, joueur,
politique tout en refusant de s'inscrire dans les
engagements artistiques traditionnels, réactif aux
événements et en partie relativiste, tel est le
portrait de l'artiste opportuniste dressé dans cet
essai.