Fils du ciel
De Kindiri à Manhattan
J'ai 44 ans et je ne suis pas célèbre. L'idée d'écrire une autobiographie ne m'avait jamais effleuré l'esprit. Un jour, un ami de Manhattan m'a dit que le récit d'un fils de paysan de l'Afrique profonde, qui aboutit au milieu des gratte-ciel, serait fascinant et que je devais bien ce témoignage à la population de mon Kindiri natal, au fin fond du Tchad. J'ai donc écrit ce récit pour le partager avec les immigrants et avec tous ceux qui les acceptent sur leurs terres. Je suis un homme chanceux, très chanceux. Le récit parle des gens qui ont fait de moi ce que je suis. Depuis mon enfance j'entends toujours les miens définir autrui comme l'inconnu, redoutable ou inférieur. En Occident on use des mêmes termes. Aujourd'hui, je trouve absurde notre vision des uns sur les autres. Tous nous venons de quelque part et tous, nous sommes des métis culturels. Au quotidien, le respect de nos différences et de nos identités, dans le cadre d'une mondialisation aveugle et d'un dialogue Nord-Sud inéquitable, pourra peut-être, modestement, par son exemple, faire tache d'huile et contribuer à la promotion d'une humanité meilleure.