Les morts de proches et les frôlements de la sienne sont des événements
biographiques qui bousculent profondément les cours de vies, sociales, relationnelle,
personnelle. Avec beaucoup de biodiversité. Suivant l'âge, la proximité, la
brutalité, la fréquence, la culture, le moment paroxystique... Mais avec une même
sidération, encore accentuée par la perte de prégnance des grands modèles de
survie.
Et pourtant les vies reprennent leur cours, survivent. Pourquoi ? Et comment ?
Autant de luttes pour la vie, péri et post mortem, intriguantes, riches d'acquis
expérientiels vitaux à reconnaître, connaître, pour apprendre à vivre au mieux avec
la mort. Tout un chantier de formation permanente à ouvrir, dans le prolongement
complémentaire de celui des histoires de vies en formation.
La préface d'Edgar Morin, combien vitalisante, atteste qu'une révolution
copernicienne est possible, précieuse, en cours, à propos de notre conception de la
mort. Elle propose l'exemple inaugural, voire archétypal, l'histoires de morts au
cours de la vie.
En aval et plus ponctuellement, l'ouvrage en fournit des éléments de
construction. Vingt personnes ont réussi à percer les murs d'une communication
limite, aux frontières de la vie et de la mort, pour exprimer leur expérience, selon
une matrice qui croise les grands moments du mourir - avant, pendant, après -,
avec différents types de morts, la sienne, celles de proches et celles des autres.