Inspirée de la statuaire africaine, cette étude permet d'appréhender
l'objet de la recherche à travers la figure du masque Dan, en convoquant
les concepts théoriques appartenant à la culture de la dissimulation et
celle de la mascarade. Il s'agit d'interroger les éléments sous-jacents
qui, dans une oeuvre picturale fonctionnent comme un bâti interne,
en ne se laissant pas saisir par la vue. D'un point de vue plastique,
cette recherche constitue une altérité dans laquelle, le processus de
création apparait comme une pratique sacrilège qui refuse toute notion
d'interdiction. Le geste de l'effacement comme axe de travail plastique
permet d'investir des espaces secrets et de débusquer du silence, de
l'ombre, des agents à la fois graphiques et plastiques. Les empreintes
du pinceau, la trace de l'image effacée sont des non-dits de l'oeuvre,
exprimés par l'absence.
Un processus plastique, qui dans son élaboration, passe du sacré au
profane, de l'ombre à la lumière, de l'Afrique à l'Occident, de la couleur
à son absence, en se proposant comme une quête de l'imaginaire et
de la poésie. Le tout engendré par un doute et un suspens créateur.
Ce livre est un questionnement sur le pouvoir irréversible de l'image,
sa capacité à résister à la disparition qui s'apparente à une pratique
de survie en cours dans la mascarade, où l'on charme la mort pour
célébrer la vie.