L'homme est un être de représentation. Ses représentations
reflètent sa double nature d'être d'imagination et d'être
rationnel. L'être d'imagination en lui a tenté d'apporter des
réponses à la double question de son origine et de ses fins au
moyen des religions et de la création artistique. Elles ont eu
partie liée dès leur apparition. L'art a puisé dans la référence
au sacré sa justification et son efficace. Il a doté le divin
d'une présence, donné des visages aux dieux et dépeint leurs
histoires. Les religions ont très longtemps défini le programme
de l'oeuvre artistique. Elles ont eu recours à l'art pour donner
chair aux dieux ou au contraire marqué leur transcendance
par l'interdiction de tout simulacre. Idéalement, la religion et
l'art ont aspiré à la convergence du plus beau et du plus haut.
Ce long passé commun ne voue pas art et religions au même
destin. La fin de la religion est en principe déjà advenue. Pour
autant, les religions ne sont pas dépourvues de signification,
puisqu'elles ont l'homme pour auteur. La question de la
sortie de la religion n'est pas réglée, car les rémanences
religieuses ne sont pas négligeables, les pulsions investies
dans la religion demeurent. La fin de la religion n'est pas sans
conséquence pour l'art qui lui a été si longtemps uni. Pour
autant elle n'entraîne pas la fin de l'art, puisqu'à la différence
de la religion, l'art ne prétend pas à la vérité ; Il lui faut trouver
de nouvelles voies.