Harold Pinter est l'un des dramaturges britanniques les
plus importants de la deuxième moitié du XXe siècle. Il fut
également un scénariste remarquable, travaillant avec les
plus grands réalisateurs et les plus grands acteurs de son
époque. Cependant, ses scénarios sont beaucoup moins
connus que ses pièces de théâtre. C'est donc à ses dix-neuf
adaptations de romans que l'on s'intéressera ici.
Cette étude se propose d'abord de montrer comment
Pinter, à l'encontre des théories de la Nouvelle Vague, tenta
de préserver sa liberté artistique, ce qui le conduisit souvent
à s'opposer aux réalisateurs, aux producteurs, aux acteurs
et quelquefois même aux auteurs des fictions qu'il adaptait.
En regroupant thématiquement les scripts en trois parties
(scénarios de la menace, de la mémoire et politiques), nous
nous pencherons sur les différentes techniques utilisées par
Pinter, des plus classiques aux plus audacieuses, et sur la
manière dont il se servit de son expérience de dramaturge
pour réécrire par exemple les dialogues de ses scénarios, en
utilisant avec une grande efficacité les silences et les pauses
qui sont en quelque sorte sa marque de fabrique.