La crise globale a des racines multiples. Certaines, malgré leur
importance, restent peu étudiées et n'occupent qu'une place très secondaire
dans le débat public. C'est le cas du langage des mathématiques qui
envahit, sans grande résistance, de nombreux domaines où il ne repose sur
aucune légitimité, ce qui détériore la capacité à penser le réel et affecte la
nature des relations sociales. Cette dérive, doublée d'instrumentalisations
et de manipulations des données chiffrées, est une des causes d'une
certaine passivité des citoyens, de la défaillance du politique et in fine de
la crise globale - environnementale, sociale, économique et financière.
L'auteur invite le lecteur à explorer cette thèse. Il convoque pour se faire
différents sujets, l'organisation du travail, les retraites, les services publics,
la recherche ou encore le réchauffement climatique, avec une étude inédite
des scénarios du Groupe d'experts intergouvernementaux sur l'évolution
du climat (GIEC).
Le système néolibéral porte une responsabilité première dans cette
situation. Une crise du savoir et une forme inédite d'obscurantisme se
développent. Leur analyse éclaire des mécanismes d'endormissement
des consciences et de relégation de l'humain au second plan, derrière les
chiffres, et au service des intérêts des plus riches.
Au fil du texte, une synthèse s'élabore et débouche sur l'esquisse d'un
projet de sortie de crise et sur une stratégie pour construire une autre
Europe.