«Existe-t-il un paradigme qui permette d'appréhender l'être humain
de façon unifiée ? Si oui, de quelle manière un tel paradigme peut-il
se manifester intégralement à tous les niveaux de la réalité humaine,
de l'individu à la société et jusqu'à l'espèce ?» Tel est le type de
questionnement qui s'imposait à l'auteur dès la fin des années
1960. La notion d'autoréférence lui sembla alors constituer une
porte d'accès privilégiée au domaine où se cachent les processus
fondateurs de l'être humain, cet animal incomplet, qui se voit
confronté à la nécessité de participer à son propre achèvement, pour
réaliser (rendre réelle) sa propre nature.
Quelques années plus tard, H. Maturana et F. Varela faisaient
connaître le résultat de leurs travaux et donnaient forme de leur
côté à cette même notion, qui devait alors être reconnue comme un
nouveau paradigme, celui de l'autoréférence. L'inspiration initiale
de l'auteur s'est alors enrichie de leurs travaux pour aboutir à une
expression théorique et pragmatique d'un projet qui nous déstabilise
dans nos certitudes cognitives et nous propulse directement au coeur
du chantier humain d'autoconstruction.