Clint Eastwood a-t-il tué le western en réalisant Impitoyable ?
Beaucoup de spécialistes le pensent. Pourtant, vingt ans après la
sortie de ce film multi-oscarisé, le genre fait toujours recette : en
2011, les frères Coen ont remis à jour True Grit en hommage à John
Wayne, tandis que Quentin Tarantino qualifie lui-même son nouvel
opus, Django Unchained, de «western spaghetti».
Depuis La Chevauchée fantastique (John Ford, 1939), le western
a muté à plusieurs reprises. Plus qu'une évolution, il a connu une
refondation en profondeur. Si le mythe demeure, sa saveur identitaire,
culturelle et fondatrice se perd. Hier enjeu sociohistorique d'une
nation, il est aujourd'hui le jouet de nombreux réalisateurs.
Alors Dead or Alive ? À la fois miroirs de leur époque et
révélateurs du regard des Américains sur leurs ancêtres, les films
«de cowboys et d'Indiens» s'adaptent à l'air du temps en adoptant
de nouveaux archétypes de héros et en renouvelant le théâtre de
l'Ouest. Ils flirtent ainsi avec les frontières «naturelles» du genre...