Y'en a marre
Radioscopie d'une jeunesse insurgée au Sénégal
« Les gars, est-ce qu'on va rester les bras croisés ? » C'est par cette interrogation quasi-existentielle que le noyau dur, constitué par un groupe d'amis de ce qui deviendra Y'en a marre, a décidé de se bouger.
Thiat et Kilifeu, les deux rappeurs du groupe Keur Gui de Kaolack, le rappeur Malal Talla, allias Fou malade de la banlieue dakaroise et le journaliste Cheikh Fadel Barro en avaient assez de refaire le monde, confortablement installés autour de leurs tasses de thé.
Début février 2011, profitant de l'opportunité offerte par l'organisation du Forum social mondial à Dakar, ils décident de sonner la charge contre toute forme de démission.
Portés par le courage insolite de l'engagement, ils traduisent ainsi l'actualité d'une impatience qui en appelle à l'émergence d'une culture de bonne gouvernance en rupture avec les pratiques prédatrices en cours.
Dans un même élan, jeunes cadres du privé comme du public, étudiants, ouvriers, retraités, chômeurs, toutes couches sociales confondues se sont identifiés au coup de gueule de Y'en a marre. Un mouvement qui, à coup sûr, a contribué à bousculer le jeu politique sénégalais.