Entre 2000 et 2004, une vague d antisémitisme sans précédent a déferlé sur le sol français. Soixante ans après le cataclysme de la Shoah, des cris de « Morts aux juifs » retentirent à nouveau dans les rues parisiennes accompagnés de banderoles comparant les juifs aux nazis. On pensait pourtant ne plus jamais devoir entendre ce genre de slogan dans la patrie des Droits de l Homme. La diabolisation d Israël a libéré la parole et les violences antisémites. Durant ces quatre années d un antijudaïsme sans précédent, le regard bienveillant des juifs de France porté sur leur pays et l idée de la place qu ils pensaient être la leur, ont été entachés par des messages à fortes charges symboliques délivrés ici et là au plus haut niveau de l appareil politique, judiciaire et culturel de l État français. Dès lors, le processus de « dénationalisation » des juifs de France était-il enclenché ? Pourquoi l antisémitisme dans sa forme la plus primitive n a-t-il soulevé de part et d autre que très peu d indignation ? Pourquoi le tout jeune État juif cristallise-t-il tant de haine et de réprobation ?