Mai 1945, Erich Altmann a quarante-et-un ans. Il a survécu ...
Survécu à trente-trois mois dans l'enfer concentrationnaire nazi. Il y
eut d'abord l'incompréhension, l'incertitude, puis l'anxiété, la peur,
jusqu'à la terreur. L'horreur s'est ensuite installée avec son cortège
de douleurs et d'afflictions : la faim, la maladie, le harassement, la
perte d'humanité, la mort omniprésente. L'inimaginable, l'indicible.
Reste, irrépressible, cette farouche volonté de vivre pour ne pas
partir en fumée et pouvoir témoigner aux yeux du monde «hors des
camps». C'est cette force qui a permis à Erich Altmann de survivre à
Auschwitz-Birkenau, Buchenwald, Oranienburg et à deux «marches
de la mort».
En mai 1945 enfin, il rallie Paris, et l'Hôtel Lutetia. Il est alors noyé
dans une indescriptible cohue de survivants hagards, et de familles de
déportés recherchant les leurs... Il retrouve sa famille à Lyon et tient
parole : il témoignera grâce à un livre, en son nom et au nom de ces
millions de vies détruites sciemment, dans la rigueur méthodique de la
barbarie nazie. Il rédige alors Im Angesicht des Todes d'un trait, comme un
cri, de toute la vigueur de sa force vive restée enfouie en lui tout au long
de ses trente-trois mois, malgré les souffrances, les humiliations et la
peur. Il n'exhorte pas à la haine, à la vengeance, à la pitié... Il «dit»,
tout simplement.
Cette vérité, cette terrifiante horreur, cette brutale simplicité, cette
force, nous sautent aujourd'hui au visage aussi terrifiantes, brutales
et poignantes aujourd'hui qu'à l'époque... Pour que plus
jamais...