L'idée que la science occupe une place majeure dans l'édifice de nos savoirs
n'est pas nouvelle. Le terme grec épistèmè - que l'on traduit par «savoir»
ou par «science» - s'oppose à al doxa, «l'opinion», c'est-à-dire à une
connaissance qui n'est pas assurée. Un savoir scientifique serait donc un savoir
qui dit le vrai, exhibe les raisons qui lui permettent de l'énoncer et se prête
à la vérification. Mais peut-on se contenter de cette déclaration d'intention ?
Le rôle de l'épistémologie et de l'histoire des sciences est de questionner la
prétention de la science à dire le vrai sur le monde qui nous entoure.
Quelle est l'origine de nos connaissances scientifiques ? Quel est le rôle de
l'expérience dans l'élaboration du savoir ? Peut-on parler d'un progrès des
connaissances scientifiques ? Comment concevoir et décrire l'influence sur les
théories scientifiques de leur contexte historique et culturel d'émergence ?
En six chapitres où sont successivement exposés le questionnement
épistémologique d'ordre général puis les épistémologies régionales (celles de la
chimie, de la biologie, de la physique, de la géologie et des mathématiques) les
auteurs entendent nous conduire dans la nécessaire mise en perspective de la
science passée et présente.