En cette mi-juillet 2002, des hauteurs du Roc de Fenestres, les pensées de Guilhem traversèrent la Margeride et le Val dAllier, grimpèrent le Mézenc avant de se perdre dans les brumes dissimulant les Alpes, là-bas, tout près de l'horizon. Les devèzes luttaient sans espoir contre linvasion de pins sylvestres revenant sur les terres doù lhomme les avait chassés. Les genêts, pourtant si robustes, se voyaient peu à peu supplantés par les hampes roses des épilobes venues doutre-atlantique coloniser le Vieux Continent. La Margeride était belle et franche. Elle savait rester humble. Guilhem ne se doutait pas encore que sa découverte, sur les versants ravinés par les précipitations abondantes de la nuit, allait lamener à résoudre, à lautre bout du monde, une énigme qui sommeillait là depuis cinquante ans.