Julien, un Français de La Réunion, débarque un matin à
l'aéroport de Moroni, capitale des Comores. Il y croise, sans le
remarquer, Mahdi, un jeune Comorien révolté contre la misère
de son peuple, contre le fatalisme social et religieux. Mahdi
rêve d'une vie meilleure, d'une vie digne, rêve que son jeune
frère puisse guérir... Mais pour cela, il faut se rendre à Mayotte,
clandestinement, en affrontant «la traversée de la mort» à
bord de ces frêles esquifs qu'on nomme kwassas-kwassas.
Sept mille Comoriens ont déjà péri dans cette traversée, faisant
du bras de mer qui sépare Anjouan de Mayotte le plus grand
cimetière marin. Julien, en mal d'aventures, croise le destin
de ce jeune Comorien et tous deux se trouvent entraînés dans
une fuite pour la liberté qui prend des allures de descente aux
Enfers.
Au-delà de l'itinéraire de ces deux personnages, le roman
d'Anthony Orion nous conduit à découvrir le clandestin
universel qui est en nous. Mais Mayotte, la traversée des
ombres est avant tout un roman engagé qui pose un regard
amer et lucide sur une tragédie humaine méconnue du plus
grand nombre.