Depuis le début des années 2000, l'usage de la notion de bien-être est devenu
multiforme. Tantôt argument commercial pour vendre des biens ou des services,
tantôt objectif de politique sociale, dans les domaines de la santé ou du travail
par exemple, le bien-être fait partie aussi des trois axes prioritaires de la stratégie
nationale de recherche et d'innovation définie par le ministère de l'Enseignement
supérieur et de la recherche pour la période 2009-2012.
De son côté, la Commission Stiglitz-Sen-Fitoussi a fait figurer le bien-être
dans son rapport publié en septembre 2009 sur la mesure des performances
économiques et du progrès social. Le bien-être y est appréhendé comme une
dimension du progrès social et présenté comme un phénomène complexe,
pluridimensionnel, qui recouvre aussi bien les conditions de vie matérielles, la
santé, l'éducation, le travail que la participation à la vie politique, les liens et les
rapports sociaux, l'environnement et l'insécurité.
Dès lors, comment mesurer le bien-être ? Quelles dimensions prendre en
compte ? Quels éléments privilégier ? La définition de la notion de progrès pose
toutefois autant de questions que celle du bien-être. Comment appréhender ces
deux notions sans les mettre en contexte, dans le temps ou dans l'espace ? Les
contributions présentées au cours du séminaire «Le lien social» des 17 et 18 mai
2010 se sont efforcées de mettre ces questions en perspective, d'en faire un objet
scientifique susceptible de stimuler d'autres recherches.