À l'origine, de nombreuses questions se posaient : les
médias font-ils la révolution ? S'agissant du «printemps
arabe», peut-on parler d'une révolution ? Et de surcroît
d'une révolution 2.0 ? Peut-on croire en la vertu des médias,
nouveaux ou classiques, pour déclencher une révolution,
par la seule puissance de leurs incantations ? Les Twitter,
Facebook, Youtube et tous les autres nouveaux outils du Web
2.0 pouvaient-ils permettre aux citoyens de renverser les
tyrans, d'envahir les rues et les édifices publics, d'affronter
les matraques ou les fusils des policiers, sans qu'il y ait une
force sociale qui les anime ?
Les citoyens ont sans doute lutté avec les armes nouvelles
que leur fournissait la technologie moderne de l'information
et de la communication pour changer le cours de l'histoire
de leurs pays.
Cependant, les réseaux sociaux n'ont-ils pas toujours existé,
incarnés par les liens sociaux, soit familiaux, politiques ou
religieux, de loisirs, de travail, d'études, d'entreprises, etc.,
et n'est-ce pas à l'intérieur de ces organisations que tous les
mouvements révolutionnaires naissent, vivent ou meurent ?
Il est certain que nous assistons au déploiement de nouveaux
instruments d'information, d'échange, de mobilisation et de
rassemblement depuis la mise au point du Web 2.0. Cette
réalité ne peut être niée. Bien au contraire, il est nécessaire
d'analyser finement comment ces technologies d'information
et de communication travaillent le tissu social en favorisant
la mobilisation sociale et politique.