Entre récits et fables, ces pages d'Outremers proposent une
réflexion poétique sur le voyage. Le lecteur appareille pour des
rivages chargés de couleurs, de soleil et de parfums ; les pistes
de l'Afrique et de l'Orient s'effacent sous le sable ou la lumière ;
et des femmes à la beauté grave rappellent les grands mythes
de l'humanité.
La musicalité des vers et les références ethnographiques
soulignent la nostalgie profonde qui imprègne tout le recueil.
Les voyages (réels ou supposés) en demandent d'autres, se
répètent et se confondent si bien que les regrets se mêlent
bientôt à l'émerveillement : les cités se font mirages aux confins
du désert, les barques qu'on démâte annoncent les épaves
futures et la clarté du jour est déjà un crépuscule :
Les femmes de la plaine et les princesses noires
Iront cambrer pour nous leur beau torse luisant
À la chaleur du soir insalubre et pesant,
Sur les plages d'ivoire ou les hauts promontoires.