La nécessité d'être éduqué est inhérente à la nature humaine. Or, la
nature détermine l'homme et, par conséquent, conditionne sa liberté.
Mais, si elle la conditionne, elle ne l'anéantit pas. La liberté exige cette
nature universelle et nécessaire sans laquelle l'homme serait une aventure.
L'éducation permet à l'homme de vivre libre en respectant sa nature.
La transmission d'un savoir qui n'est pas au service du vrai est manipulation
et endoctrinement et, Hannah Arendt l'a montré, le mensonge est le
fondement de tous les totalitarismes. Mais tout savoir n'est pas condamné
au mensonge. Il y a un vrai savoir, qui est un savoir du vrai et qui rend libre.
«La vérité rend libre.» L'éducation chrétienne repose sur ce principe
évangélique, avec la conviction que l'on peut accéder à la connaissance
de la vérité. La recherche de la vérité ne détermine pas l'intelligence, car
encore faut-il, une fois approchée et reconnue, y adhérer volontairement.
C'est davantage la conjonction de l'intelligence et de la volonté qui garantit
contre toute forme de manipulation.
L'étude des grands éducateurs chrétiens - Jean-Baptiste de La Salle,
Don Bosco, François de Sales, Josémaria Escriva, John Henry Newman,
Edith Stein - permet de développer et d'approfondir, à la lumière de leur
expérience et de leur enseignement, la compréhension de la véritable
nature de l'éducation, quand elle est mise au service de l'homme.