En 2011, les partis islamistes se sont imposés comme les acteurs incontournables de
la vague démocratique arabe, remportant les élections en Tunisie et en Égypte, mais aussi
au Maroc. Le coup d'État militaire qui a destitué Mohamed Morsi, premier Président
démocratiquement élu en Égypte, n'a pas remis en cause l'importance de l'islamisme
politique comme alternative aux régimes autoritaires dans la région. Ce que beaucoup
d'Européens ont des difficultés à accepter.
Dépasser la question islamique est essentiel pour que l'Europe puisse appuyer la
transition politique dans les pays arabes, tout en acceptant qu'un Sud Méditerranée
démocratique soit, selon toutes probabilités, moins européen et moins pro-occidental. C'est
vital aussi pour l'avenir même des démocraties européennes : des secteurs significatifs de
leur opinion publique sont anti-islamistes parce qu'ils ont d'énormes préjugés à l'égard
de la religion musulmane et des communautés islamiques qui vivent sur leur territoire, y
voyant une atteinte à la conception malheureuse qu'ils ont de leur identité nationale.
Partie prenante des relations entre l'Union européenne et les pays du Sud Méditerranée,
d'abord dans le cadre des réseaux euro-méditerranéens, puis comme Directeur de l'Institut
d'Études de Sécurité de l'Union européenne, Álvaro de Vasconcelos nous aide à comprendre
comment l'ignorance des Européens à l'égard de l'islamisme politique est un obstacle à
une politique éclairée, de soutien aux mouvements démocratiques dans les pays arabes. Ce
livre porte un regard original sur des crises aussi marquantes que celle du 11 septembre ou
des caricatures de Mahomet, sur le choc des civilisations et l'islamisme politique, sur les
motifs qui ont conduit des dirigeants européens à soutenir des dictateurs comme Ben Ali
et Moubarak, ou encore sur les initiatives européennes, depuis le processus de Barcelone
jusqu'à l'Union pour la Méditerranée.