«Et c'est pour ça que Charles chevauchait à en perdre
la raison, à en perdre le corps. Toutes sensations, tous
sentiments, toutes notions du temps disparus. La plénitude
d'être réuni à El Kébir et de galoper ventre à terre dans le
désert, d'être vivant dans le moment de course haletante
où rien, plus rien n'existait. Si ce n'était l'ivresse d'être.»
Le Capitaine est un homme droit. Il a une mission à remplir et ne
s'en écarte pas, malgré les épreuves, malgré les révoltes des
Touaregs. Sa jeune épouse, Maria, l'accompagne au Sahara où
ils vont passer une quinzaine d'années de leur vie. À ses côtés,
elle tentera de survivre en s'accrochant à ses rêves pailletés
d'illusions qui lui permettront de traverser les drames.
D'une guerre à l'autre, c'est aussi toute l'accession à la liberté
d'un peuple qui est contée. De l'Algérie à l'Europe en guerre,
le parallèle est saisissant de justesse.