«Le journal de la tribu égarée» est le deuxième volume de la saga
familiale «La tribu égarée» dont Kadri, le narrateur, est le héros qui
nous conte les moments de joie, comme les coups, hauts ou bas.
Journal qui se présente dans une langue familière, restant sous le
contrôle d'une écriture où trouvailles et maîtrise vont de pair.
Un quotidien populaire, haut en couleurs, riche en scènes et en
dialogues des plus vivants, à travers les péripéties familiales et
sociales de l'auteur, au sein d'une France qui émerge plus ou moins
facilement de la guerre d'Algérie, mais qui va le surprendre par
l'irruption d'un mois de Mai mettant l'imagination au pouvoir.
De page en page se confirme le don pictural de l'auteur, tant il nous
donne littéralement à voir paysages, personnages, décors, jusqu'à
nous en faire entendre les sonorités et les couleurs !
Une sorte de gouaille entretient les rebondissements du récit, en
même temps qu'une tendresse pour les personnages, sans oublier des
pointes d'humour, comme ce «faire entendre du Sartre en kabyle».
L'auteur nous invite, tel un Persan algérien, à nous décentrer de nous-mêmes,
pour nous voir à travers le regard d'un étranger fraternel.
Ce livre s'inscrira désormais dans la tradition du roman populaire
français, et ne manquera pas d'enchanter nombre de lecteurs aimant
à y retrouver les familiarités de leur quotidien.
Osama Khalil