Cet essai de toponymie exploite un corpus de quelque 6 000 noms de lieux
issus d'un petit nombre de territoires villageois (vingt-cinq seulement)
dans une zone sub-montagnarde à la topographie tourmentée.
La première partie de l'ouvrage, géomorphologique, étudie les formes
saillantes du relief, les formes en creux, les unités constitutives des
terroirs agricoles ou pastoraux (terres labourables, espaces horticoles,
espaces herbagers, etc.). La seconde partie expose la stratigraphie des
couches successives de l'ethno-toponymie historique (des origines
jusqu'à l'époque romano-franque), puis les modes d'appropriation du sol
et les différents systèmes ou institutions agraires du second millénaire.
La toponymie majeure, qui concerne les lieux habités et les éléments
pérennes des paysages (montagnes et cours d'eau), fait généralement
appel aux langues disparues. Quant à la microtoponymie, elle est
en relation organique avec le dialecte vernaculaire (l'occitan d'après
l'an Mil) : c'est elle qui constitue l'apport essentiel et original de
cette étude. La composante linguistique et historique fait de ce
livre un ouvrage scientifique, mais la fibre paysanne de l'auteur,
sa connaissance du pays, son empathie avec les hommes de cette terre
l'ont naturellement porté à une forme d'écriture narrative et affective
qui a donné à son texte la couleur d'un livre de vie.