Le texte : Le Dernier Malbar ou l'Amour fou parle des
contradictions sur lesquelles s'est construite et repose la
société réunionnaise. La pièce offre un accès au lecteur
et au spectateur à une prose en créole qui a nécessité un
travail de réécriture en français. Traduire c'est prendre
une voie nouvelle avec l'oeuvre, marquant par-là ce
passage à l'universel de la dramaturgie. Il s'agit d'une
tragédie moderne, drôle et critique : une déclaration
d'amour burlesque à l'île de la Réunion.
Les personnages évoluent à travers l'île au milieu d'un
univers à la fois onirique et réaliste. La poésie pénètre
en vague l'intrigue théâtrale à travers les dialogues dont
les répliques des personnages sont autant de manifestes.
Enfin, il s'agit d'une pièce anticommunaliste qui refuse
la partition des êtres et individualités en sectes, religions
ou civilisations d'origine : «Un théâtre engagé contre
le communalisme ?Le Dernier Malbar est une pièce qui
va à l'encontre du communalisme, ce racisme colonial
dont nous sommes tous victimes et dépositaires tout à la
fois ; et dont la cruauté repose sur une échelle de valeurs
discriminante» (préface du Dernier Malbar).