«En tous cas, il en était sûr, il s'agissait d'une femme dont le visage
souriait sans sourire... Et le visage était comme gommé, pâli par
le temps, brouillé. Alors, seulement, Léonardo reconnaîtrait le
tableau qu'il allait si souvent contempler au Louvre, mêlé à la
foule des touristes. Et il appellerait, il appellerait, bon dieu, il
appellerait de nouveau, mais en essayant de nommer l'inconnue
sur le mur :
- Maman ! es-tu là ? Tu es peut-être la Joconde... ?»
Ce roman rapporte des faits réels, tels que les a plus ou
moins vécus l'auteur. C'est une nouvelle vision de ce que sont
les maghrébins, les Algériens surtout vivant dans le Paris
d'aujourd'hui. La rencontre entre le professeur Simon Brahmi,
juif né en Algérie, avec ces Algériens, va se faire sur l'arrière
fond de la vie et de la mort de Mona, sa femme assassinée
depuis une douzaine d'années dans un pogrom antisémite en
Roumanie. Léonardo, l'enfant que Simon Brahmi a eu avec
Mona, va être comme un fil conducteur entre la France et ces
immigrés algériens vivant derrière les barbelés des clichés,
des préjugés et des discriminations sans parler des soucis
matériels qui les enferment dans leurs quartiers.
Ce fil conducteur va aussi serpenter entre l'art immense du
Louvre et l'art particulier soudain découvert dans une petite
galerie du 6ème arrondissement à Paris, galerie où Saïd Karoumi,
dit Saika, l'ami intense de Léonardo fait le vernissage de sa
première exposition.