Michel Jobert : fils d'un «pionnier» du bled marocain, engagé dans la guerre
de Libération dès 1942, champion d'une Europe de la liberté face aux blocs,
entre en «résistance» politique aux débuts de l'«ère nouvelle» giscardienne.
Avec l'alternance à la clé et face à un système partisan, bipolaire et dominant,
il plaide pour une nouvelle citoyenneté, faite de respect et de responsabilité de
l'individu : la «démocratie vivante» (Exister dans la démocratie : pas seulement
y être représenté !... Se changer soi-même aussi...).
Observateur et acteur des années cruciales 1973-1983 et fort de son diagnostic
précoce sur la crise, il constate : «les orientations fantasques de la consommation,
entraînant l'excès des emplois tertiaires, ont désorganisé la production». Ministre
du Commerce extérieur, il trace pour 1985 les chemins de la reconquête du lourd
déficit du moment. Mais privé des moyens nécessaires promis, il partira au terme
de la réalisation d'une mission intérimaire de deux ans (Conférence du GATT
négociée et alternance démontrée).
Voué au service des intérêts de la France, défenseur intrépide d'une démocratie
fragile (comme aujourd'hui...) il fut aussi l'avocat de la nécessaire «plasticité de
l'entreprise» et de la «constante adaptation de notre industrie et de notre
économie aux réalités nouvelles» (ce qui est encore d'actualité...).