Le rugby est encore un jeune sport professionnel. Sa transformation en
une activité marchande officielle en 1995 a représenté une véritable
révolution pour ce sport historiquement régi par des organismes
nationaux et internationaux peu enclins à une quelconque évolution,
et traditionnellement acquis à la cause de l'amateurisme. Vingt ans plus
tard il est intéressant de faire le point sur la situation économique de
ce rugby professionnel français, dans un monde où la marchandisation
du spectacle sportif est une donnée objective essentielle.
La situation économique du rugby professionnel français est paradoxale.
D'un côté il bénéficie de recettes en croissance régulière (sponsoring,
billetterie) et de droits télévisuels en forte augmentation, mais de
l'autre les déficits de certains clubs du Top 14, dont le champion 2015,
se creusent année après année de manière inquiétante.
Cet ouvrage analyse les conditions économiques des clubs professionnels
de rugby (P. Chaix), et permet de mieux comprendre les différentes
stratégies déployées par la Ligue Nationale de Rugby (M. Terrien,
N. Scelles, C. Durand), pour conforter et accélérer ce dynamisme afin
de renforcer l'attractivité du championnat (E. Barget et F. Clipet).
Les déficits et l'apport des «Sugar Daddy» sont examinés. J.-F. Brocard
et J.-J. Gouguet, ainsi que W. Andreff, soulignent combien la régulation
du marché du travail et «la contrainte budgétaire lâche», proposée par la
DNACG et la LNR, sont insuffisantes pour contrôler certaines dérives.
Au-delà du constat de P. Chaix d'un mariage à trois (World Rugby, LNR,
FFR) rarement harmonieux, Pierre Villepreux et Jonathan Best,
respectivement ancien et actuel rugbyman de haut niveau, donnent
en conclusion, leur propre lecture de l'évolution du rugby, ce sport de
gentleman confronté aux mirages de l'argent.