L'objectif de cet ouvrage est de questionner le postulat d'une nouvelle
morphologie sociale incarnée par les «sociétés de l'attention», en
réhabilitant l'inscription des techniques numériques dans les structures
de la modernité. Les coordonnateurs de cet ouvrage, Fabienne Martin-Juchat
et Adrian Staii, reprennent ici la thèse d'une «radicalisation de
la modernité» afin de proposer une autre lecture des transformations
actuelles. En particulier, une des formes de radicalisation interrogées
réside dans le traitement des émotions en tant que data au service de
logiques industrielles marchandes.
L'ouvrage réunit des textes rédigés par des chercheurs en sciences
de l'information et de la communication qui s'attaquent à déconstruire
la visée persuasive des discours, à interroger les logiques de production
des dispositifs et à appréhender leurs modes d'appropriation sensible.
Quelles relations entretenons-nous au fond avec les outils numériques ?
Comment et en quoi nous sollicitent-ils
somatiquement par le prisme de
techniques dites de «captation» de
l'attention ? Quels sont les leviers
de nos dépendances affectives aux
communications numériques ? Quelles
méthodes pour les étudier ? En quoi l'évidence des comportements
vis-à-vis des applications nous donne à réfléchir sur l'intégration de
nouvelles normes, voire leur institutionnalisation ?