Lettre sur le Sillon
Des hommes d'Église qui délaissent la sacristie pour se mêler aux ouvriers et aux syndicats dans les usines ; qui poussent les fidèles à considérer les prêtres comme des égaux, voire comme des copains ; qui cherchent à unir les religions au détriment de la vérité : quelles attitudes étranges ! Ces attitudes ont pourtant apparu, à partir de la seconde moitié du XXe siècle.
Les clercs qui ont agi ainsi ont cru innover. Ils se trompaient. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil : c'est ce qu'affirme un livre de la Bible, L'Écclésiaste. L'Écclésiaste a raison. Les clercs modernes qui rompaient ainsi avec la
marche de l'Église ne faisaient que reproduire la pensée et les initiatives d'un mouvement né à la fin du XIXe siècle : le Sillon. Construit autour de Marc Sangnier, personnalité hors du commun, le Sillon a d'abord donné de grands espoirs à l'Église. Mais rapidement des esprits clairvoyants ont perçu ce qui, dans ce mouvement, n'allait pas.
Le pape saint Pie X s'est prononcé sur le Sillon, d'une voix simple, magistrale, qui rappelle la parole de Jésus-Christ dans l'Évangile. Ce livret reproduit le texte intégral de sa parole, c'est-à-dire de la lettre Notre charge apostolique. Elle jette une lumière singulière sur le temps présent.
La Lettre est précédée d'une introduction historique, rédigée par l'historien Yves Chiron.