Jean Seberg, égérie de la «nouvelle vague», s'attacha durant toute son
existence à la plus profonde sincérité dans son jeu comme dans sa vie.
Propulsée sous les feux de la rampe à l'âge de dix-sept ans par le cinéaste
Otto Preminger, elle va épouser en premier mariage François Moreuil,
puis Romain Gary, aviateur engagé dans les Forces Françaises Libres
pendant la seconde guerre mondiale, diplomate et romancier Prix
Goncourt 1956 (futur deuxième Prix Goncourt 1975 sous le pseudonyme
de Emile Ajar) et enfin Dennis Berry, cinéaste, fils du réalisateur et acteur
américain John Berry.
Jean Seberg quitta tragiquement la Vie le 30 août 1979 à Paris après avoir
voué son existence entière à la sincérité et à l'engagement, à la scène
comme dans sa vie de femme, mais encore soutenant les minorités depuis
son adolescence dans sa petite ville natale de Marshalltown en Iowa.
Devenue star internationale, elle consacrera sa notoriété, ses relations
et ses moyens financiers au soutien inconditionnel de la cause noire
américaine alors éprouvée, s'attirant les foudres du F.B.I. et de la C.I.A.
qui ne cesseront de la harceler pour son engagement politique sans concession,
notamment à l'apogée de sa carrière dans les années 1968-1969.
Elle aura cependant eu le temps de tourner Bonjour Tristesse avec
Preminger, À bout de souffle avec Godard, La ligne de démarcation avec
Chabrol et bien sur Les oiseaux vont mourir au Pérou de et avec Romain
Gary, sans oublier Lilith avec Robert Rossen... pour les plus importants.
Spontanée et attachante, sincère et infiniment séduisante, brillante,
elle traversa la Vie comme une comète avec une innocence et une
fraîcheur de coeur et d'esprit jamais démentis. Elle repose de nos jours
dans la plus grande modestie au cimetière du Montparnasse...
Philippe Legouis, dans un roman/biographique qui débute par une rencontre
avec «ce qui pourrait être» le double de Romain Gary, donne vie à une Jean
Seberg superbe et fragile, peu après sa rupture avec l'écrivain-aviateur.
L'auteur n'en est pas à sa première tentative d'«habiter» ses personnages
féminins, après avoir suivi les traces de Virginia Woolf, publié fin 2006.