Situé le long de la frontière occidentale de l'Espagne, le département des Basses-Pyrénées,
soumis à l'exode massif des Espagnols fuyant la guerre civile, connaît dès
1936 l'ouverture d'un camp de réfugiés dans la petite commune de Gurs. Le camp
reste en fonction tout au long de la guerre et se transforme en lieu d'internement :
indésirables étrangers ou politiques, juifs, résistants, collaborateurs, prisonniers de
guerre allemands... s'y succéderont dans les pires conditions. Tout au long de ces «années
sombres», le Béarn comme le Pays basque se remplissent de maisons d'arrêts,
camps de prisonniers, camps de travail, camps de réfugiés, lieux d'assignations à
résidence récemment redécouverts par l'historiographie (le plus important étant
le camp du Polo à Bayonne, réservé aux prisonniers de guerre issus des colonies).
Ces internements ne sont que l'une des formes de contrôle qui s'exercent surtout
contre les populations juives, particulièrement surveillés aux frontières et autour
de la ligne de démarcation, mais aussi sur des lieux d'assignation à résidence en
zone libre ou dans la zone occupée, notamment à Bayonne où la communauté est
importante. Ce livre qui reprend une partie des communications de la journée
d'études du 30 novembre 2012 qui s'est tenue à l'Université de Pau, revient sur ces
phénomènes d'exodes ou d'internements dans leurs diversités.