«Franchir les frontières pour échapper
à la misère et à la guerre ; établir
des frontières pour dessiner les contours
de l'Etat-nation ; fermer les frontières
pour se protéger d'envahisseurs ; rêver
sur la frontière à un monde plus ouvert
de libre circulation... En ce début de
XXIe siècle, jamais la «frontière» n'a été
à ce point un lieu de controverses,
d'espoirs, de critiques. Une ligne qu'il faut
atteindre, renforcer ou détruire.» C'est
par ces mots de Benjamin Stora que s'ouvre
le catalogue de l'exposition «Frontières»
présentée au Musée national de l'histoire
de l'immigration de novembre 2015
à mai 2016.
L'ouvrage reprend le fil conducteur
de l'exposition en approfondissant l'analyse
des frontières comme lieux de polarisation
des questions migratoires. Une vingtaine
de spécialistes explorent leur matérialisation
et leur institutionnalisation dans l'espace
et dans l'histoire du monde, de l'Europe et
de la France. A travers leurs articles, on
comprend mieux les rapports que les pays
entretiennent avec leurs limites territoriales
et les conséquences des frontières dans la
perception et l'accueil des migrations. Les villes,
les populations et les activités localisées sur
les frontières sont également abordées. Un focus
particulier sur l'espace méditerranéen fait écho
à l'actualité des derniers mois. Cet ouvrage
est largement illustré par des témoignages,
des archives et des oeuvres issues des collections
acquises par le musée depuis 2007, dont certaines,
emblématiques des frontières, lui donnent
un éclairage singulier.
Ce catalogue est dirigé par les deux
commissaires de l'exposition, Yvan Gastaut,
historien, maître de conférences à l'université
de Nice-Sophia Antipolis, membre du laboratoire
de l'unité de recherche Migrations et Société
(URMIS), université de Paris-VII et de Nice,
et Catherine Wihtol de Wenden, politologue,
professeur à Sciences Po, directrice de recherches
au CNRS (CERI-Centre d'études et de recherches
internationales).