Le désir des jeunes artistes hongrois au début du XXe siècle était d'aller chaque hiver
étudier à Paris - même s'ils devaient y vivre dans la misère -, puis de peindre en été à
Nagybánya, et d'exposer à l'automne à Budapest.
Les peintres comme Berény, Czóbel, Perlrott Csaba ou Bornemisza fréquentent les
académies Julian, Colarossi et, entre 1908 et 1910, l'académie Matisse. Ils découvrent
les musées, les galeries Durand-Ruel et Vollard, ainsi que Gauguin, Seurat et Van Gogh.
Surtout, ils sont mêlés à l'aventure des artistes fauves français, exposent au célèbre Salon
d'automne de 1905 dans la salle contiguë à celle des fauves et reviennent dans leur pays
avec des peintures qui provoquent une véritable «révolution» parmi les autres peintres
hongrois. Les tableaux explosent de couleurs vives, éclatantes, «fauves». Les artistes
conquièrent une liberté d'expression qu'ils associent à la tradition naturaliste hongroise.
L'art hongrois s'ouvre à une nouvelle créativité.