Figure du paysage républicain rémois, Eugène Courmeaux
parcourt le XIXè siècle et ses soubresauts en combattant de la
Liberté. A ce titre, il mérite de sortir de l'oubli.
Né à Reims en 1817, amoureux des livres et des Belles Lettres, il
est nommé à 26 ans adjoint, puis 3 ans plus tard, Conservateur
en titre de la Bibliothèque Municipale de Reims.
Républicain, il s'engage dans la Révolution de 1848. Il
combat la dérive monarchique de la jeune République présidée
par Louis Napoléon Bonaparte. Journaliste engagé d'opposition,
il est révoqué de sa fonction de bibliothécaire, poursuivi,
emprisonné et acquitté. De nouveau, poursuivi, il est condamné
et s'enfuit en Belgique en 1851 pour éviter la prison. il retrouve
de nombreux républicains en exil, dont Victor Hugo.
Représentant d'une marque de champagne à l'étranger pour
gagner sa vie sous l'Empire, il parcourt l'Europe. Ses péripéties
l'amènent à être le témoin de la guerre de Crimée en 1855.
A la chute du Second Empire, ce défenseur de la République écrit
de nombreux articles dans les journaux. Il est élu conseiller
municipal, conseiller général puis député en 1881. Opposé aux
Opportunistes, il fait partie d'un petit groupe de gauche dont le
leader est Georges Clémenceau.
Battu en 1885, il se consacre à l'écriture et au journalisme politique.
Il décède en 1902, âgé de 85 ans.