L'O.P.A. est un moyen de prendre le contrôle d'une entreprise,
sans demander véritablement l'avis de ceux qui la
détiennent et/ou la constituent. Est-ce ce qui est en train de
se produire pour les A.O.C. françaises ?
À la lumière de son expérience professionnelle (éducation
nationale, filière viti-vinicole), et de la gestion d'une commune
viticole de 3300 habitants, l'auteur constate, qu'au-delà
des débats sur la «crise viticole», de l'évolution du concept
d'A.O.C., de l'avenir du syndicalisme d'appellation et de la
place de la viticulture au sein du monde agricole, c'est sans
doute une certaine conception de l'État qui est en cause dans
ce secteur comme dans d'autres.
Roland Feredj témoigne de la genèse des réformes et présente,
non sans humour : un peu d'économie viticole, l'A.O.C. et
son univers, les traits d'un insaisissable consommateur, ceux
des journalistes en vins, des fonctionnaires de ce secteur d'activité.
Chemin faisant, il en arrive à la «Mise au clair et mise
au pas», en analysant les évolutions en cours : des syndicats
aux Organismes de Défense et de Gestion des appellations,
du centralisme à la déconcentration administrative.
Son propos révèle un attachement profond au monde agricole
et viticole, riche d'histoire et de culture, soucieux de liberté,
animé de passion, extraordinairement moderne sous des
apparences parfois archaïques. La fatalité voudrait qu'un vieil
État jacobin résiste aux évolutions du monde. L'auteur préfère
garder l'espoir d'une politique viticole européenne ambitieuse,
mise en oeuvre par un État moderne qui émancipe les
filières viticoles organisées de sa tutelle pesante.