La rue Jean Moulin n'existe plus. Le coeur n'y est plus. C'est fini.
Le petit chemin aussi n'existe plus ; lui, il a complètement disparu.
L'ancienne tache verte s'est fondue dans la masse gagnée par la
grisaille. Qui se douterait encore de ce qu'elle abritait jadis ?
Quant à Boris, il n'a jamais existé.
Mais alors, où trouve-t-il sa source ? Sinon, son inspiration ? Qui
est-il en réalité ? Éternelle question, elle pose essentiellement le
problème de l'identité, celui de l'origine. Qui suis-je ? Qui est-il ?
Et si l'adulte d'aujourd'hui tente encore d'y répondre, c'est en
s'appuyant sur le savoir acquis dès l'enfance. Comment la conscience
prend-elle conscience d'elle-même ? Et pourquoi ? Repassant par
les chemins de l'enfance, c'est un long chemin à l'envers qu'il faut
prendre. D'aucuns disent que la connaissance se trouve hors du
temps, il faut passer par tous les doutes, avant de s'en laisser
convaincre. Le paradoxe ne serait qu'apparent.
S'agirait-il de sagesse à reconquérir ? Le mot ne serait pas trop fort ;
l'enfance, si chère au souvenir, constituerait alors l'âge d'or de la
pensée.
En sorte que Boris ne serait là que pour nous rappeler à tous
combien peuvent être douces et réconfortantes les histoires d'enfant
philosophe. L'enjeu étant : chercher en soi le mystère de l'univers...