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Economie politique (L'), n° 55. Quelle théorie économique d'après-crise ?

  • 01/09/2012
  • Alternatives économiques
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Couverture de Economie politique (L'), n° 55. Quelle théorie économique d'après-crise ?

Résumé

L'Economie politique n° 55

Quel est le bon niveau de dette publique ?

Alors que les pays européens viennent de décider le chemin que va prendre leur future intégration, aucun n'a remis en cause l'idée que l'objectif d'une bonne gestion des finances publiques devait être de ramener la dette publique vers les 60 % du produit intérieur brut (PIB). Or, ce niveau est loin de faire consensus chez les économistes. Plusieurs études de Carmen M. Reinhart et Kenneth Rogoff ont montré que ce n'est que lorsque la dette publique dépasse 90 % du PIB que les effets sur la croissance deviennent négatifs, et même fortement négatifs. Très critiqué (peu de pays justifiant la démonstration, confusion entre corrélation et causalité, etc.), leur travail vient de faire l'objet d'une remise en cause importante par Alexandru Minea et Antoine Parent.

S'ils commencent par confirmer que, quand le ratio de dette sur PIB d'un pays passe de la tranche 60-90 % à plus de 90 %, la croissance baisse, ils ne trouvent un effet négatif que de l'ordre d'un demi-point de pourcentage. Pas de quoi fouetter un chat...

Surtout, leur étude démontre que, si à certains moments un surcroît de dette publique est associé à moins de croissance, à d'autres moments, encore plus de dette publique est associé à plus de croissance. Ainsi, leur analyse indique que les pays qui dépassent un ratio de 115 % de dette publique sur PIB présentent en moyenne un taux de croissance supérieur à ceux qui sont entre 90 et 115 %. Des résultats confirmés sur la période 1880-2009.

Bien entendu, soulignent à juste titre les auteurs, il ne s'agit pas de dire que les Etats du monde entier doivent laisser filer leur déficit et leur dette sans contrôle. Mais ce travail montre que revenir rapidement vers un ratio de 60 % comme signe de bonne gestion publique est bien trop restrictif. Plusieurs pays ont pu gérer, dans la durée, des niveaux de dette bien plus élevés sans que cela ne soit associé à une croissance en berne. Les dirigeants européens feraient bien d'en tirer quelques leçons pour l'avenir s'ils veulent soigner leur phobie de la dette publique et l'austérité mortifère qui l'accompagne.

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