Philippe Eberlin, ancien du CICR, nous rappelle dans son introduction que, le soir même de la déclaration de
guerre de l'Angleterre et de la France à l'Allemagne, le 3 septembre 1939, le paquebot anglais civil Athenia
fut torpillé sans avertissement. 112 des 1 306 passagers et membres de l'équipage «périrent dans l'eau
froide et sombre de l'Atlantique nord». Et, selon lui, cet acte barbare fut interprété en Angleterre et en
France «comme le début de la guerre maritime sans restriction», une guerre qui «à de rares exceptions,
sévit de 1939 à 1945, aggravée de crimes de guerre multiples, sur toutes les mers affectées par le conflit».
L'auteur se penche de manière approfondie sur toutes les atrocités de la Seconde Guerre mondiale, sur
les violations de normes essentielles du droit international humanitaire commises en mer tout au long du
conflit aussi bien, il faut le dire, par les vainqueurs que par les vaincus. Ce livre cherche des explications aux
attaques souvent délibérément commises à l'encontre de navires civils, y compris ceux qui effectuaient
des transports humanitaires, identifiables par l'emblème de la Croix-Rouge. «Il ne s'agit pas de régler des
comptes, ni même d'en demander. Ce n'est plus l'heure», écrit Yves Sandoz dans sa préface. «Mais il n'est
jamais trop tard pour rechercher la vérité, une vérité à laquelle ont droit toutes les victimes et plus précisément,
en l'occurrence, celles dont le cimetière est la mer immense.»