Un modèle inédit de circulation d'enfants adoptés existe entre
les rives Nord et Sud de la Méditerranée. L'adoption selon le
droit français est prohibée par l'Algérie et le Maroc qui lui
substituent une forme de tutelle nommée kafala (légalisée en
1984 en Algérie et en 1993 au Maroc). Depuis quelques
années, un nombre croissant de candidats français à l'adoption
internationale, pour la plupart des couples mixtes et des descendants
de l'immigration, choisissent l'un de ces deux pays
pour adopter par acte de kafala un enfant abandonné.
Provoquant la rencontre parfois brutale entre deux institutions
opposées de parenté élective, ils regagnent avec lui leur pays de
résidence, bien que la France interdise depuis 2001 le prononcé
de l'adoption en faveur des enfants recueillis au
Maghreb.
Cet ouvrage éclaire les enjeux sous-jacents d'une adoption au
Maghreb par des Français issus de l'immigration. Il étudie les
processus d'affiliation et de désaffiliation, de construction des
identités instituées et des identités personnelles, repensant les
manières de faire et de défaire les liens parentaux, nationaux,
culturels, les liens du sang et de la terre.