Une description féroce du milieu hospitalier.
Un cadre, prétexte à la peinture bucolique de la vie d'un
village niché dans les pommiers de Basse-Normandie.
Amour, émotion aussi, qui vont droit au coeur.
Sébastien, vieux paysan bas-normand aussi futé que plein
d'humour, se meurt gaiement d'un cancer dans la chambre
1367. Une prison perchée au 13e étage de ce monstre rébarbatif
qu'est le CHU de Caen. Le CHU, deuxième personnage
principal, après le village de Chausseusemare qui vit naître le
narrateur...
Opéré du poumon, il raconte à son compagnon de douleur ce
que furent ses amours dans son bien-aime village, où tout a
gardé son authenticité et où il aurait tant aimé finir ses jours
alors qu'il est en train de vivre ses derniers moments dans ce
milieu médical honni et caricatural.
Sébastien est un doux au coeur tendre, un poète bucolique, un
amoureux incorrigible des femmes. Il confesse précisément à
son compère, ce que furent ses amours malheureux. Depuis
Isabelle (en 1943), sa jolie institutrice à douze ans, jusqu'à
Charlotte, sa voisine de couloir au CHU à soixante-dix ans, son
récit nous fait découvrir sa sensibilité, sa délicatesse et son attachement
viscéral à sa terre normande, à ses racines dont il sait
si bien parler.
Un roman certes sarcastique, mais baigné d'émotion et
de tendresse, qui ira droit au coeur des lecteurs. Même
celui des plus endurcis.