En France, la gauche n'a jamais été à l'aise avec l'argent. Ni
collectivement, ni individuellement. Au pouvoir, elle a souvent louvoyé
entre un idéal de classe (taxer les riches !) et un impératif de
pragmatisme dans la gestion des affaires de l'État. Une ambivalence que le
Premier ministre Lionel Jospin a un jour traduite par cette formule restée
célèbre : «Oui à l'économie de marché ; non à la société de marché.»
Quant à François Hollande, qui se targue de vivre «normalement» et à qui
l'on ne prête aucun goût de luxe, il s'est aventuré un jour à déclarer en direct,
à la télévision : «Je n'aime pas les riches, j'en conviens !» Que cache cet aveu
qu'il traîne depuis près de six ans ? Quel rapport entretient-il vraiment avec
l'argent ? Et les socialistes autour de lui ? À quoi doivent s'attendre les Français
si le candidat du PS est élu en mai 2012 ?
Au terme d'une enquête fouillée, nourrie d'entretiens avec l'intéressé lui-même
et ceux qui le connaissent le mieux, les auteurs répondent à ces questions
devenues essentielles : tout semble en effet opposer «le président des riches»,
Nicolas Sarkozy, à l'homme politique qui désigne «la Finance» comme son
principal adversaire, François Hollande.