Organisation mondiale du tourisme annonce, pour 2005, plus de
huit cent millions de touristes dans le monde. Parmi eux, près de 10 %
privilégient une destination insulaire, sans compter ceux qui auront
posé le pied sur une île le temps d'une escale de croisière. Depuis Ulysse,
l'une des premières figures mythiques du voyageur insulaire, le phénomène
n'a cessé de s'amplifier, générant une pression de plus en plus importante
sur des espaces parfois très réduits, en tout cas limités.
L'impact du phénomène touristique sur les populations et les lieux d'accueil
a fait l'objet de nombreuses études et analyses de la part des universitaires
et autres experts en marketing territorial. Dans le cadre du développement
durable, les problématiques liées à l'identité des territoires prennent une
acuité nouvelle, en particulier dans certains espaces insulaires, puisqu'une
quinzaine d'îles seulement recueillent presque 90 % de la fréquentation
touristique. Au-delà des problèmes de capacité de charge du territoire, se
posent des questions sur l'effet potentiel d'une telle concentration en matière
de culture locale, de la modification des us et coutumes aux conséquences
de la perte des équilibres économiques traditionnels.
Poser la question des identités insulaires face au tourisme est ainsi un enjeu
d'actualité pour beaucoup de territoires, pas simplement insulaires. Il s'agit
de voir, dans différents lieux de la planète, comment évolue la maîtrise du
territoire d'accueil, comment les populations locales gèrent ou subissent la
pression touristique, avec quels outils et quelles conséquences pour leur
identité. Après des années de fréquentation touristique de masse, on
commence à en mesurer les effets et à voir se mettre en place des outils de
gestion plus respectueux des hommes et des lieux. Les îles peuvent, là,
servir d'exemples pour d'autres destinations touristiques.