Saigon, le 30 avril 1975... Nous nous dirigeâmes vers l'hôtel Continental jusqu'à un poste de combat où une dizaine de soldats étaient en train de riposter à des tirs et restaient couchés derrière des sacs de sable. Celui qui nous avait téléphoné montra son copain allongé par terre. Il avait perdu un pied, la moitié d'un bras, beaucoup de sang. Nous entendîmes des tirs en rafale. Couchez-vous ! Je poussai Li par terre contre la portière de l'ambulance. Elle eut très peur et elle pleura. Je la pris dans mes bras, la serrai fort. Elle continua à sangloter. Je me rendis compte qu elle avait atteint ses limites. Il fallait qu'elle parte maintenant. Les soldats ripostèrent. Les tirs se poursuivirent un long moment. Je l'embrassai, je ne savais plus combien de temps cela avait duré. Je la lâchai enfin. - C'est terminé, on ramène le dernier blessé avec nous pour le soigner. Après on s'en va. Tu partiras voir ta famille, et tu resteras avec elle. La guerre est terminée pour nous. Ca ne nous regarde plus, nous avons assez donné à ce pays.